Hier, je me suis fait braqué mon sac à dos!!! Je suis très contrarié parce que y'avait une bonne dose de sentimental dans ce sac. Cela faisait moult années que je le précédais, et que sans grogner il m'accompagnait: C'est simple, on a du faire quelques tours du monde tout les 2, affronter bien des tempêtes, des froidures et des cagnards extrémistes, et même des sauvages (ce fut chaud pour sa gueule auprès des bûcherons de la régions des grands lacs, en Araucanie… et les caïmans l'aurait bien mâchouillé aussi, du coté du Pantanal…). Je l'ai aussi oublié bien des fois sous un zinc, un banc, un ampli ou un réverbère, et toujours l'a su retrouver sa route.
Je sais pas vous, mais j'ai l'impression que c'est toujours la même chose: On brave bien des dangers, des si grands que c'est vraiment pas gagné au départ… et puis, à force de volonté, ça passe qd même, héroïquement ou non. Et dans le même temps, on peut tout aussi bien se rétamer lamentablement sur la plus petiote des difficultés, et ne point s'en relever (redhibitoirement, en fait d'idée). J'ai plein d'exemples, comme l'histoire médusante de Monssakado, mon compagnon. Monssakado s'est fait kidnappé à Challans, ville morte si l'en est, où les larcins les plus malheureux consistait en 3 pneus crevés en mai 68. Gravir les plus hauts sommets d'Amérique Australe, pour flancher en dernier lieu sur les quelconques flaques de bétons vendéennes… Bordel, on est peu de chose, et cette apparente mainmise sur une quelconque destinée révèle un leurre admirablement complaisant.

C'est bientôt la Noël, et donc nécessairement, l'idée d'un magnifique sapin de Noël à coté de la télé titille les familles. C'est vrai que ça rappelle tant de bons souvenirs, ces douces journées d'enfance au coin du feu, entre un papa anormalement débonnaire et souriant, et une maman singulièrement guillerette (le révisionnisme mémoriel joue à plein…).
Seulement, le sapin en question, tout de boules vêtu et l'air majestueux, les a un peu, lui, les boules. Je ne suis déjà pas convaincu que ces apparats lui plaisent réellement, parce que, qd même, ce n'est pas très à la mode chez les sapins… mais à la limite, ce serait le cadet de ses soucis, parce que surtout il est en train de crever… C'est-à-dire que l'émouvante soirée de Noël, toute fraternel et allègre qu'elle est, est somme toute un funeste cérémonial de mise à mort…
Transposons un peu: La famille Sapin fête la Lëon, grosso modo la Noël de chez nous, et comme c'est de coutume, elle s'est offerte un humain de Lëon. La famille Sapin a joliment rehaussé son humain de Lëon de peaux de rats, de poiscaille et aussi de quelques plumes dans le cul en guise d'apothéose. C'est d'autant plus féerique que notre humain de Lëon se balance lentement en gémissant (un vrai humain de Lëon se prend vivant… agonisant certes, mais vivant). On l'aura placé debout, les pieds coupés aux chevilles, et enserrés par trois grosses vis pénétrantes, et se vidant ainsi lentement de son sang. En fait, c'est pas tellement voulu de le faire souffrir, mais bon, c'est qd même la Lëon et on peut pas se permettre de la rater, la Lëon, alors y faut ce qu'y faut. Et puis de toute façon c'est la tradition, et on peut pas changer la tradition comme ça, surtout si ça plait (un peu comme les exécutions aux Etats-Unis en somme). Peu importe de toute façon, le vague scrupule s'évanouira sans heurts qd à la fin des festivités, on le jettera (juste avant qu'il ne chie partout). Comme ça, on gardera juste les bons souvenirs, et ne subsistera nul trace du meurtre, pas même dans les mini caboches de la famille Sapin.

(pfoui!!!! chaud la première prise de parole en plublic... j'espere que j' ai pas eu l'air trop con... j'en tremble encore, dis... )
